Tenir les comptes et les certifier : pourquoi jamais la même personne
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La règle surprend souvent : « mon expert-comptable connaît parfaitement mon dossier, pourquoi ne certifierait-il pas mes comptes ? » Justement parce qu’il les a établis. L’explication tient en un mot, et ce mot figure dans le texte.
Le mot du texte : auto-révision
Ce que le code de déontologie exige
Le commissaire aux comptes doit être indépendant « en réalité et en apparence ». Le code de déontologie garantit « l’absence de risque d’autorévision conduisant le commissaire aux comptes à se prononcer ou à porter une appréciation sur des éléments résultant de missions ou de prestations fournies par lui-même » article 5 du code de déontologie.
Code de déontologie de la profession de commissaire aux comptes, annexe 8-1 du code de commerce, dans sa rédaction issue du décret n° 2026-176 du 11 mars 2026.
L’auto-révision, c’est le fait de contrôler son propre travail. Le texte ne vise pas seulement la malhonnêteté : il interdit d’être dans la situation où cela se produirait, indépendamment des intentions.
Pourquoi ce n’est pas une question de confiance
L’objection naturelle est qu’un professionnel sérieux saurait se contrôler lui-même. Le problème n’est pas la probité, il est cognitif : personne n’est bien placé pour repérer ses propres erreurs de jugement. Celui qui a choisi un traitement comptable a déjà tranché la question ; il la reverra avec les yeux de celui qui l’a tranchée.
S’y ajoute la dimension « en apparence » du texte. Même si l’auditeur se montrait parfaitement critique envers son propre travail, un tiers, associé minoritaire, banque, créancier, n’aurait aucun moyen de s’en assurer. Or le rapport ne s’adresse pas à l’entreprise : il s’adresse précisément à ces tiers-là.
Ce que chacun fait, concrètement
L’expert-comptable enregistre les opérations, établit les comptes annuels, prépare les déclarations. Sa mission est contractuelle, vous le choisissez, son interlocuteur est l’entreprise.
Le commissaire aux comptes ne touche pas aux écritures. Il examine, sonde, demande des justifications, puis exprime une opinion. Sa mission est légale, il est désigné en assemblée, et son rapport s’adresse aux associés et aux tiers.
C’est pour cette raison qu’il est nommé par les associés et non par la direction : le contrôleur ne doit pas dépendre de ceux qu’il contrôle.
La nuance que beaucoup de pages ratent
Il existe une liste de services interdits au commissaire aux comptes, et de nombreuses pages la citent comme si elle s’appliquait à tout le monde. Ce n’est pas le cas : cette liste ne vise que les entités d’intérêt public, par renvoi au règlement européen sur l’audit légal.
Hors de ce champ, la liste n’existe plus depuis le décret n° 2020-292 du 21 mars 2020 : l’encadrement repose désormais sur l’identification des risques et sur des mesures de sauvegarde. Attention au contresens, car il est tentant : la disparition de la liste n’autorise pas ces services. Elle déplace simplement le contrôle sur le principe d’indépendance et sur le risque d’auto-révision, qui, eux, demeurent.
Le tableau complet des différences vit sur commissaire aux comptes ou expert-comptable, et le point de départ général reste l’obligation de désigner un commissaire aux comptes.
Pour aller au concret
Les pages qui portent les chiffres et la procédure : Et l’expert-comptable ? · Accueil.
Questions fréquentes
Mon expert-comptable peut-il certifier mes comptes ?
Un même cabinet peut-il exercer les deux métiers ?
La liste des services interdits s’applique-t-elle à toutes les sociétés ?
Mis à jour le 12 septembre 2026. Sources officielles vérifiées en septembre 2026.
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